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Expédition en Cordillère Darwin (Chili)

Catégorie: Découvertes
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Equipe Nationale d’Alpinisme Féminine (ENAF)

Expédition en Cordillère Darwin (Chili)

Septembre – Octobre 2018

Le projet

Cette expédition qui vient conclure le cycle de formation de 3 ans de l’ENAF, avait pour but l’exploration et l’ascension de sommets vierges dans la Cordillère Darwin. Accessible uniquement par voie maritime, la Cordillère Darwin est l’un des massifs les plus sauvages de la planète. Situé au sud de la Patagonie, entre le détroit de Magellan et le Cap Horn, cette chaîne montagneuse d’environ 170 km de long sur 60 de large, est réputé pour son climat particulièrement hostile. Très peu exploré, il reste de nombreux sommets vierges défendus par d’immenses glaciers, et une végétation très dense. Grâce aux informations fournies par le Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM) qui en a effectué la première traversée en 2011, ainsi que celles du Chilien Camillo Rada (grand spécialiste de la Patagonie), l’ENAF a pu déterminer 2 objectifs possibles : les 2 sommets vierges entourant le col Esperanza(Points 1564 et 1814 sur la carte de Camillo Rada), ainsi qu’un lieu de dépose possibles en bateau.

L’expédition

En résumé

4 filles

2 coachs

18 jours dans la Cordillère Darwin dont 2 jours sans pluie

3 sommets vierges (Cerro Nylandia, Cerro Fernando et Cerro Akila)

750 kilos de matériel et de nourriture

En détail

21 septembre : départ de France

22, 23, 24 septembre : courses et logistique à Punta Arenas (Chili)

25 septembre : départ de Punta Arenas pour Puerto del Hambre, le port duquel nous avons embarqué. Le marin chilien Fernando Viveros est l’un des meilleurs spécialistes de la navigation en Patagonie. Conditions exceptionnellement bonnes pour cette navigation d’environ 100 miles qui traverse le détroit de Magellan. Dépose dans le Fjord Finlandia un peu au nord du point initialement projeté. Transport du matériel et début d’installation du camp de base (CB – GPS : S 54°33’51’’ O 69°43’40’’) sous un soleil surprenant. Le cadre est grandiose : sommets imposants, immenses glaciers se jetant directement dans la mer, forêts denses et humides enchainant sans transition avec des glaciers…

26 septembre : Fin de l’installation du CB, composé de 4 tentes et d’une cabane en bois construite sur place en 2 jours avec le bois tronçonné sur place.

27, 28, 29 septembre : mauvais temps, attente au CB.

30 septembre : Ascension de 2 sommets vierges au dessus du CB : Cerro Nylandia (1114m – GPS : S 54°32’14’’ O 69°42’20’’) et Point 1044 (1044m – GPS : S 54°32’47’’ O 69°42’7’’) que l’on rebaptisera Cerro Fernando (du nom du marin qui nous a amené dans la cordillère). Peu de difficultés techniques, vue magnifique du sommet qui nous a permis de de bien observer les 2 objectifs principaux (Pt 1564 et 1814). Météo correcte, beaucoup de vent sur le deuxième sommet. Retour au CB vers 15h après une journée de 8h d’efforts.

01, 02 octobre : mauvais temps, attente au CB.

03 octobre : départ pour une tentative en 2 jours sur le point 1564. Approche longue et compliquée avec d’abord de la végétation très dense puis de la neige très humide. Installation du bivouac (470m) dans la neige après 6 heures d’approche avec des sacs d’environ 15kg.

04 octobre : tentative pour le point 1564 dans une météo maussade (très peu de visibilité). Glacier crevassé, passage de sérac et de rimaye. Plusieurs heures à chercher une voie dans les 50 derniers mètres pour renoncer à une trentaine de mètres du sommet (manque de matériel, aucune visibilité : engagement trop important). Retour fatigués au CB vers 22h après une journée de 15 heures d’effort.

05, 06, 07, 08 octobre : mauvais temps, récupération et attente au CB. Quasiment 3 jours de pluie continus.

09 octobre : dernier créneau météo annoncé. Tentative à la journée pour le point 1814m (une belle pyramide neigeuse d’aspect plus facile que le pt 1564 précédemment tenté). Tout le début de l’approche est commun avec celle du pt 1564. On optimise mieux le cheminement. Mais on doit renoncer vers 650m sous des rafales de vent estimées à plus de 100km/h (du mal à rester debout…). On décide alors de traverser en direction de l’emplacement du bivouac du 03 octobre pour y faire un dépôt de matériel, en prévision d’un nouvel essai le lendemain sur le Pt 1564, malgré une météo annoncé moyenne. Trace pénible à faire dans la neige. Retour au CB vers 20h après une journée de 13h d’effort.

10 octobre : ascension du Pt 1564 (1564m GPS : S 54°34’31’’ O 69°38’59’’) que l’on rebaptisera Cerro Akila (qui veut dire glace en langage Yagan, les premiers habitants de la Terre de Feu) Départ matinal du CB sous la pluie. Peu chargés, on rejoint le dépôt de matériel en 2h30 avec un chemin qu’on optimise encore (!). La météo est toujours maussade avec beaucoup de vent mais il n’y a quasiment plus de précipitations. La visibilité, meilleure que lors de la tentative précédente, nous permet de mieux comprendre les derniers mètres. On pense pouvoir l’atteindre par un système de goulotte. C’est la bonne option. Les difficultés techniques sont modérées (3+ glace max et 70° neige) mais l’exposition importante et les protections difficiles à poser. On atteint le sommet vers 15h. On a peine la place d’y tenir à 6. Quelques éclaircies nous permettent d’apercevoir l’immense glacier Marinelli sur l’autre versant. 2 rappels de 60m, 1 de 20m et un peu de désescalade nous permettent de reprendre pied sur le glacier au pied de la pyramide sommitale. Retour au CB vers 21h après une journée de 12h d’efforts.

11 octobre : démontage du CB en prévision d’une reprise par bateau le lendemain. La météo est annoncée mauvaise pour les jours suivants.

12 octobre : reprise par le bateau. Fernando Viveros et Oscar son équipier, arrivent en milieu de journée. Aucun déchet n’est laissé sur place. Nous laissons seulement l’ossature en bois de la cabane que nous avons construite. Les conditions sont nettement plus compliquées qu’à l’aller. La mer est agitée et nous devons nous réfugier dans une petite anse protégée. Nous restons dans le bateau toute la nuit.

13 octobre : retour à Punta Arenas Nous repartons au lever du jour. La mer est toujours très agitée avec des creux d’environ 3 mètres lors de la traversée du détroit de Magellan. Ce sera sans doute le moment le plus effrayant de toute l’expédition ! Nous arrivons à Punta Arenas en milieu de journée.

Retour prévu en France le 20 octobre.

L’équipe

Les filles Florence IGIER (29 ans) – Ingénieure Informatique

Johanna MARCOZ (27 ans) – Monitrice de ski, Aspirant Guide de Haute Montagne

Marion PRAVIN (29 ans) – Ingénieure ONF

Maud VANPOULLE (25 ans) – Etudiante, Aspirant Guide de Haute Montagne

Alexia EDERLE, la 5ème membre de l’équipe s’est blessée quelques semaines avant le départ et n’a pas pu prendre part à l’expédition.

Les coachs

Gaël BOUQUET DES CHAUX (43 ans) – Conseiller Technique FFME, Guide de Haute Montagne

Antoine PECHER (42 ans) - Conseiller Technique FFME, Guide de Haute Montagne

Les partenaires

ISATECH

BEAL

AU VIEUX CAMPEUR

VAUDE

DUNLOP

Remerciements particuliers au Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM) et à Camillo RADA pour les informations fournies sur la cordillère Darwin.

 

Source : FFME

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