Le Blog du vieux

De l’importance du matériel en expédition

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C’était au printemps dernier. 5 entrepreneurs traversaient le Groenland en ski pour le compte de la Fondation Rovaltain. L’objectif ? Alerter le public sur les effets du changement climatique… mais aussi sur les activités polluantes et la surexploitation des ressources naturelles qui concernent particulièrement cette région du globe.

Pour ces jeunes aventuriers en herbe, cette grande traversée était également l’occasion de se dépasser et de vivre une expérience extrême. Plusieurs centaines de kilomètres, skis aux pieds avec près de 70kg sur le dos, le tout dans un désert de glace. Le défi paraît en effet gigantesque… et non sans risque !

Mais les jeunes hommes ne sont pas (complètement) fous. Durant plusieurs mois, ils ont minutieusement préparé leur voyage à travers le cercle polaire. À commencer par un programme sportif faisant la part belle à l’endurance et à la technique d’alpinisme ski-crampons. Le parcours est également analysé dans les moindres détails, les étapes soigneusement mesurées. Pour le choix de leur équipement, ils viendront à la rencontre des équipes du Vieux Campeur… et c’est ainsi que nous allons faire connaissance !

La traversée a eu lieu il y a un peu plus de 6 mois maintenant. Nous avons de nouveau rencontré Maxime Lainé (fondateur de Weesurf) et Valentin Drouillard (fondateur de Wape), deux des cinq camarades partis à la conquête du Grand Nord. Ensemble, nous revenons sur cette aventure et sur l’importance du conseil en magasin lorsque l’on s’équipe pour une telle expédition (...ou bien même pour aller faire son footing le dimanche matin).

 

Salut les garçons, ça fait un moment ! On a suivi toute votre aventure, et on sait que l’expédition s’est bien passée... mais avec du recul, vous ne vous dites pas que c’était un peu dingue comme projet ?

Maxime : 580km en autonomie complète, à des températures pouvant atteindre -40°C, c’est vrai que c’est juste fou ! Mais aujourd’hui, je peux dire qu’un des principaux critères de succès de cette expédition, c’est qu’on l'a préparée sérieusement pendant 6 mois à tous les niveaux : physique, mental... et surtout matériel.

Valentin : On a effectivement été amené à explorer des zones qui se situent en dehors de la civilisation, sans aucun aménagement, sur des terrains parfois hostiles. Dans ces conditions, si une excellente préparation mentale et physique sont absolument nécessaires, la préparation et le soin apporté au matériel sont aussi des facteurs clés de réussite.

… Et vous aviez donc décidé de faire confiance au Vieux Campeur pour l’équipement ?

Maxime : Oui ! Venant tous de Paris, on s’est naturellement tournés vers le Vieux Campeur, qui en plus d’avoir un large choix de matériel très technique nous a fortement conseillé sur les différentes options envisageables. Dans des conditions aussi extrêmes, l’équipement allait forcément jouer un rôle prépondérant… quand ce n’était pas tout simplement un allié vital !

Valentin : Pour un tel défi, les fournisseurs de matériel sont de véritables partenaires de l’expédition. Ils doivent être sélectionnés en fonction de leur sérieux, de leur fiabilité et de leur rigueur. Car c’est à ce moment là qu’il faut éviter l’approximation : une fois lâché sur le terrain, toute négligence portant sur le choix du matériel se paie au prix fort. Avec le Vieux Campeur, nous avons eu une super collaboration. Ils nous ont permis de réaliser des comparaisons en grand nombre, de discuter de manière approfondie sur les produits. Chacun de nous a réalisé plus de 10 allers-retours en boutique avant le début du voyage !

Maxime : Le fait d’avoir des points de vente physiques était effectivement un critère déterminant. Pour cette aventure, le matériel nous est revenu à 5000€ par personne environ. Beaucoup d’articles sont très techniques et coûtent chers. Pas question de faire des erreurs à ce prix là. Toucher le matériel, le soupeser, le comparer, l’essayer… c‘était indispensable ! Et malheureusement, ce n’est pas possible lorsqu’on commande sur internet. Le meilleur exemple, c’est celui de nos cagoules passe-montagne : à force d’essayer, on a réussi à trouver LA cagoule qui permettait de bien respirer, de ne pas faire de buée dans le masque, et qui était assez souple pour pouvoir manger sans devoir l’enlever complètement.

Vous avez beaucoup échangé avec les équipes du Vieux Campeur lors de votre préparation. Les conseils vous ont-ils vraiment aidé ?

Valentin : Oui, clairement. Les vendeurs ont joué un rôle crucial dans le succès de l’expédition. Par exemple pour le choix des skis : il existe plusieurs tailles de patin, c’est-à-dire la largeur du ski au niveau du pied. Nous savions en l'occurrence qu’il nous fallait des skis avec un maximum de 7mm au patin pour des questions de poids… mais face à la pléthore de modèles se situant entre 4mm et 7mm, on était un peu perdus. L’équipe du Vieux Campeur nous a finalement expliqué qu’un ski large est certes un peu plus lourd, mais qu’il permet de moins s’enfoncer dans la neige. Et qu’un ski étroit, quoique plus léger, devrait plutôt être réservé à la neige dure. Comme le terrain au Groenland est aléatoire et qu’il neige régulièrement, on a donc opté pour des skis de 6mm à 7mm au patin… ce qui s’est avéré être un très bon choix !

Maxime : Les vendeurs nous ont également aidé à prioriser les équipements en fonction de notre budget. Sans conseil, on serait naturellement tenté de répartir les dépenses de manière assez équitable entre les différents types de matériels. Alors qu’il faut parfois savoir mettre le paquet quand c’est nécessaire… à l’instar de nos vestes en duvet Valandre Bering à 599€. C’est un montant qui peut paraître énorme à première vue, plus de 10% du budget total sur un seul vêtement, mais cette veste était tout simplement vitale lorsque la température atteignait -35°C dans la tente la nuit ! À l’inverse, ils nous ont indiqué sur quels équipements on pouvait réaliser des sacrifices sans trop de risques.

Et en dehors des conseils de l’équipe, quelle a été votre démarche pour définir l'équipement nécessaire durant une telle aventure ?

Valentin : D’abord, nous avons établi une longue liste de tout le matos nécessaire. Cette liste se répartissait entre le matériel individuel et le matériel collectif. Il fallait qu’elle soit absolument exhaustive, de la veste en duvet ultra-technique jusqu'à la boîte d’allumettes ordinaire.

Valentin : Et pour finir, nous avons testé le matériel le plus important pour nous l’approprier et lui faire confiance. Par exemple, nous avons campé sur le Grand Ballon des Vosges au mois de février… en pleine tempête ! Le premier soir, les fixations de la tente se sont rompues et nous avons terminé la nuit à la belle étoile. Le second soir, la tente a tenu malgré les rafales de vent. Le choix était vite fait pour l’expédition !

… Aucun regret concernant le choix du matériel alors ?

Maxime : Ce que je ferais différemment si je devais recommencer ? Surement les tests en boutique… en poussant systématiquement la démarche jusqu’à me mettre en condition réelle ! Par exemple, choisir un sac à dos en l’essayant avec des moufles. Car manier un sac à mains nues n’a rien à voir avec le fait de le manier tout équipé en moufles. Et on découvre parfois certaines limites de conception sur le terrain.... sauf que c’est un peu tard !

Valentin : Nous nous sommes aussi rendus compte que nous avions réellement utilisé une petite partie de l’équipement emporté. De nombreux articles ne sont jamais sortis des sacs étanches. Et pourtant, ils ont eux aussi traversé le Groenland, à la force de nos jambes ! Ce que l’on retiendra pour les prochaines aventures, c’est qu’il faut donc mutualiser au maximum l’équipement de secours pour réduire le poids tracté.

Merci pour ces témoignages ! Un dernier conseil pour ceux qui voudraient marcher dans vos traces… au Groenland ou ailleurs ?

Maxime : Pensez bien au matériel de rechange, comme les fixations de ski ! Mais surtout, sachez innover face à l’adversité. Des rapiècements sur la tente à partir de morceaux de tapis de sol, du scotch pour renforcer des chaussures au ski… votre imagination peut vous sortir de bien des problèmes ! Valentin : Tout simplement « le matériel avant l’homme » ! Le soir, en rentrant au camp, on entretient son matériel avant de se reposer. Brossage, séchage, rangement, couture… tout cela va conditionner la journée suivante. Je dirais même que la moindre négligence avec le matériel peut compromettre l’aventure et mettre en danger toute l’équipe. Prenez soin de votre équipement, il vous le rendra !

 

Propos recueillis par Au Vieux Campeur.

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