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Test systèmes d'assurage 2010

3 et 4 octobre 2009


Les systèmes d’assurage ont été testés par : Emmanuel, Xavier, Arnaud du Vieux Campeur de Sallanches ainsi que Jean-Luc du Vieux Campeur d’Albertville.
Testés en falaise ainsi qu’en structure artificielle par des débutants, des grimpeurs confirmés, des professionnels et des enfants. Le but étant de connaître l’ergonomie et les techniques d’utilisation, pour en dégager les points forts et les points faibles.

Le Zap o mat (Edelrid)
Système autofreinant compact qui est décliné du TRE (ancien système autofreinant pour corde à double de Edelrid).
Le blocage de la corde se fait par un piston qui se met en pression contre celle-ci au moment où le grimpeur est en charge. On garde les réflexes d’assurage du huit ou du sceau, car on n’interagit pas sur l’appareil comme un grigri. L’ergonomie de la poignée a été étudiée pour débloquer le piston, en gardant les mains sur la corde. Le bouton-poussoir est prévu pour une position escalade en tête et moulinette (durcit ou assouplit le ressort du piston selon le choix de l’assureur. Cela permet de régler l’appareil différemment s’il est utilisé sur une corde fine, épaisse, neuve ou vieille).



Le Click up (Climbing Technology)
À première vue, on dirait une usine à gaz… (en regardant la fabrication de l’appareil, on constate qu’il y a eu de grosses réflexions ). C’est un système qui est simple d’utilisation.
Par rapport à ses concurrents, on ne peut pas le classer dans les systèmes autofreinants. En effet, si l’assureur reste inactif lors d’une chute, la corde coulissera toujours dans le descendeur ; il faut être aussi attentif qu’avec un huit. Il suffira de tirer la corde vers le bas, de la même façon qu’avec un système d’assurage classique pour que celle-ci soit bloquée. À ce moment, on perçoit le fameux bruit du « click » de blocage, qui s’explique par le placage du mousqueton contre l’appareil. Cela demeure très confortable pour ceux qui travaillent des voies ou qui butent sur le pas dur (le crux, en langage de grimpeur).
Ce produit a le mérite de simplifier l’assurage en restant léger et efficace.
Le contrôle de la descente se fait facilement en orientant l’appareil vers soi et avec la pression de la main sur la corde.

 

Le Sum (Faders)
Assureur descendeur autofreinant utilisant les cordes à simples de 9,1 à 10,5 mm. Il est simple d’utilisation, on assure normalement sans agir sur la came. On donne facilement du mou. Il bloque bien toutes les cordes. Un petit bémol sur la descente.
Il faut exercer une forte pression sur la poignée en la pinçant pour libérer la came, plus importante lorsque la différence de poids est grande entre l’assureur et le grimpeur. Un enfant ne pourra pas descendre un adulte pour cette raison.


Le Yoyo (Camp)
Système autofreinant très léger avec blocage de corde par mousqueton et gorge. L’appareil ressemble étrangement au SRC dans sa forme. Cependant, bien qu’il aille remplir toutes ces fonctions en descendeur et assureur avec blocage, la manipulation demeure laborieuse pour donner du mou. La corde a
la fâcheuse tendance à se bloquer dans la gorge ; il faut le débrayer constamment avec la paume de
la main pour ne pas lâcher la corde. Sinon la descente et l’assurage du second se font très facilement.

Eddy (Edelrid)
C’est l’appareil le plus abouti, en terme de sécurité, des systèmes mécaniques, c’est aussi le plus lourd. Il bloque la corde contre la came lors d’une chute ou quand elle est en charge. Le déverrouillage se fait avec le pouce sur la came ou avec la poignée lors de la descente. Il dispose d’un système antipanique qui est très rassurant quand on se fait assurer par une personne novice ou inconnue.
En effet, l’assureur doit doser la pression sur la poignée pour actionner la descente ; si on tire trop fort, la corde est bloquée. Par peur, un enfant peut lâcher la corde et s’agripper sur la poignée : ici, aucune conséquence, alors qu’avec un autre système…





Le Grigri (Petzl)
C’est le premier système d’assurage autofreinant mécanique au monde (1992), bravo et quelle durée de vie! La tension de la corde fait pivoter la came qui se bloque contre la corde. La descente se réalise en tirant la poignée et en contrôlant
la vitesse de défilement avec l’autre main. Malgré son âge, il fait toujours partie des plus vendus, bien que ses imperfections soient connues aujourd’hui par le monde des grimpeurs. En effet, il y a le risque de chuter à la descente si une personne novice vient à paniquer en s’agrippant à la poignée en lâchant la corde… (pas top !). Le deuxième problème peut venir de l’assurage : au moment où l’on donne le mou, afin d’éviter le blocage de la corde, la plupart des gens bloquent l’ensemble de la poignée avec
la main (attention à la chute !). Aujourd’hui, PETZL propose une nouvelle méthode d’assurage en gardant la corde dans la main : le pouce en appui sur la poignée, l’autre main tire la corde. 


Le Cinch (Trango)
Autofreinant mécanique américain, très léger et compact, ressemblant à un mini Grigri; il a eu un gros succès dès son apparition. L’assurage se fait comme un Grigri, bien mieux d’ailleurs avec les cordes fines, car en tirant la corde vers soi pour donner du mou, on n’a plus besoin de bloquer la came manuellement. Sinon, pour les plus grosses, il suffit de mettre le pouce sur la came. Nous ne pensions pas alors aux différents problèmes qu’il allait nous poser. Sur le papier, il est utilisable sur les diamètres de corde de 9,4 à 11 mm. Faute d’avoir des bras de déménageur, sur du 10,5 mm c’est très dur de donner du mou, on n’ose même pas penser au 11 mm ! à contrario, si l’on utilise un diamètre inférieur à 9,4 mm du type Joker de Beal (à ne pas faire), la corde glisse toute seule sans aucune action de notre part lors de l’assurage du leader, de la même façon elle continue de glisser lors d’une chute (morbide !). Apparemment, ce cas peut se présenter sur une corde neuve avec un traitement DRY d’un diamètre de 9,4 mm.
Il faut être hyper vigilant et toujours tenir le brin inférieur (comme tous les appareils de ce type). Ensuite, il faut que le Cinch soit maintenu vers le haut, de telle manière que la corde fasse un coude, ainsi elle entraînera la came lors d’un choc. Pour ceux qui désirent garder les mains dans les poches pour assurer, il faut surtout éviter le Cinch (et le reste aussi !). C’est un système qui est pointu, peut-être un peu trop. À ne pas mettre entre toutes les mains.

Le Smart (Mammut)

Système autofreinant très léger avec blocage de corde par mousqueton. Très simple d’utilisation, l’assurage se fait d’une façon identique qu’avec un huit. Seulement, lors d’une chute ou d’une mise en tension de la corde en moulinette, il y aura blocage plus ou moins dynamique selon la force de choc ; il est plus ou moins important en fonction du diamètre de la corde et du poids du grimpeur. La descente se fait à l’inverse des autres systèmes analogues, en repoussant la poignée vers la corde, du côté grimpeur. L’avantage est que, les personnes novices ayant tendance à s’agripper dessus lorsqu’elles paniquent, la corde restera bloquée. Rapport qualité/prix top moumoute !



 

 

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