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Cette année, 2 journées consécutives étaient consacrées à l’essai de nombreux modèles. La première journée en falaise, la deuxième en bloc.
Pour ce test, 5 magasins se sont retrouvés en Haute-Savoie :
Lyon (Pierre et Paco), Strasbourg (Manu et Thomas), Albertville (Seb et Jean-Luc), Thonon (Xavier et Christophe) et enfin Sallanches (Arnaud, Manu et Xavier). Étaient aussi conviés nos fournisseurs. Ainsi Pietro Dal Pra, Tony Lamiche et Jérome Meyer étaient présents pour La Sportiva, Didier Angelloz et Nicolas Geydet pour Scarpa, Laurent Bouvet pour Millet, Fred Tuscan pour EB, JB Tribout pour 5.10 ainsi que d’autres marques telles qu’Evolv et Red Chili… Non seulement, ce sont nos fournisseurs, mais aussi de forts grimpeurs impliqués dans la conception des chaussons, ce qui nous a permis d’avoir des infos très précises sur ces produits.
L’objectif était de tester les chaussons les plus techniques comme les plus simples, et grâce au nombre important de grimpeurs, d’être le plus objectif possible.
Pour chaque chausson, le testeur remplit une fiche qui sera recoupée avec d’autres. Pour certains modèles très techniques nécessitant « une prise en main », nous avons conservé les chaussons plusieurs semaines afin de bien les cerner.
Vous remarquerez que les commentaires sont majoritairement positifs ; en effet, il n’y a plus de mauvais chaussons, les fabricants ont atteint un degré de savoir-faire optimum. Par contre, certains chaussons sont faciles d’accès tandis que d’autres demanderont un léger vieillissement afin d’être exploités au mieux. De plus, le même chausson ne sera pas forcément ressenti de la même manière d’un grimpeur à l’autre.
Ce qui nous amène à la question :
Quel chausson pour quel grimpeur ?
Je l’ai posée à Pietro Dal Pra, un des concepteurs de la Speedster. Voici un résumé de la conversation :
« Ah ! Ah ! difficile question, on pourrait en parler des jours (avec un fort accent italien)… C’est très subjectif, il n’y a pas le meilleur chausson du monde, mais le meilleur chausson pour chaque pied.
Dans un premier temps, il y a la forme. En général, il y a des chaussons qui vont mieux aux pieds larges avec une voûte plantaire marquée et des chaussons pour pieds fins avec peu de voûte plantaire.
Ensuite le terrain : on utilise des chaussons rigides si le terrain n’est pas trop surplombant (en dalle, afin de charger les réglettes, un chausson rigide sera plus adapté qu’une ballerine très souple) tandis que pour les gros dévers ou l’indoor, on posera moins de poids sur les pieds ; il sera donc plus difficile de déformer le chausson et de l’adapter aux prises. Alors, on s’orientera plutôt sur un chausson souple.
Par contre, sur le même chausson, on pourra moduler la rigidité en jouant sur la pointure : plus la taille est petite, plus le chausson est rigide. Un chausson rigide permettra d’améliorer la précision tandis qu’un chausson souple aidera à développer la fluidité,
la capacité à improviser, à grimper quand on n’est pas certain du mouvement à effectuer. C’est la raison pour laquelle on aura plutôt tendance à privilégier un chausson souple pour l’escalade « à vue » tandis que pour les voies après travail, un modèle plutôt rigide. Une fois que le chausson adapté à vos objectifs est déterminé, reste à choisir la bonne pointure. Habituellement, les fort grimpeurs, ou ceux ayant l’objectif de le devenir, opteront pour des chaussons très serrés, quant aux grimpeurs intermédiaires, ce ne sera pas nécessaire. Ainsi, pour les chaussons traditionnels,
on ne doit pas forcément descendre trop dans les petites pointures.
Trop petit, il ne laisse pas la possibilité au pied de bouger, il devient comme « mort », cela réduit la sensibilité, on ne lui laisse pas la possibilité de déformer le chausson, de poser ou pousser pied à plat. Mais là encore, rien n’est absolu ; dans certaines voies, après travail, on a besoin de cette rigidité extrême bien que cela reste exceptionnel.
Par contre, pour les ballerines, on recherchera la pointure la plus petite possible. En effet, la finesse de l’insert permet de conserver une très bonne sensation et mobilité du pied et, grâce à la « compression » due à la pointure, la ballerine sera précise en pointe pour grattonner ; de plus, ce type de chaussons se détend généralement beaucoup.
En résumé, plus le chausson est souple, plus il faut être serré.
Enfin l’usure. Évidemment, les gommes les plus adhérentes sont souvent les plus tendres, donc celles qui s’useront le plus rapidement, mais la forme du chausson va aussi influer sur cette usure. Un chausson très griffé avec un talon puissant va s’user nettement plus rapidement qu’un chausson traditionnel. En effet la pression est concentrée sur la pointe, de manière plus importante que sur un chausson plat. Il faudra vraiment choisir un chausson adapté à son support et à son niveau technique si on ne veut pas ressemeler son chausson tous les mois.
Le support est aussi très important, vous aurez nettement moins d’usure sur un caillou patiné ou type face nord que sur une structure artificielle, véritable usine à limer les semelles ».
Voici pour les généralités, passons au cas par cas :
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Le Speedster (La Sportiva)
Il aura fallu 57 prototypes pour le sortir sachant que La Sportiva n’en est pas à son coup d’essai. En effet, il y a quelques années, ils ont sorti les Mantra qui en apparence ressemblent énormément à la Speedster.
Si on rajoute les essais nécessaires à la sortie des Mantra, cela commence à faire beaucoup pour cette ballerine atypique.
Quand nous l’avons reçue en magasin, quelle surprise ! on ne savait pas s’il fallait rire ou pleurer : « C’est mé quoi pour un chausson ? » (traduction : Mais quel est donc ce chausson ? Oulala c’est juste pour le dévers). Puis vint la phase test en résine, puis en caillou, et après une petite période d’adaptation, on se dit que finalement, ce chausson, on s’en servirait bien en dalle aussi… Il ne s’agit pas de jeter les Miura à la poubelle car dans des voies exigeantes sur réglettes ou à trous, des chaussons un peu rigides seront nettement plus efficaces. Toutefois, des grimpeurs comme Pietro Dal Pra les utilisent dans les Dolomites (dans le Poisson à la Marmolada 1000 m avec du 7b) ou bien pour des à vue difficiles en dalles raides. Tony Lamiche et Jérome Meyer en ont aussi fait leur chausson en bloc et en couenne.
Il n’y a plus de carre sur ces chaussons, fini le bourrelet de gomme sur l’avant, vous réduisez la distance entre votre pied et le rocher, l’escalade devient plus en sensation, plus intuitive ; vous vous surprenez à charger des bosselettes improbables. Comme
à l’accoutumée chez La Sportiva, il va falloir descendre le plus possible dans les pointures, c’est ce qui lui apportera une certaine rigidité ; quant à la détente, vous pouvez escompter une bonne ½ pointure. L’avant du pied provenant du défunt Viper est assez étroit et il faudra aux pieds larges un peu de persévérance pour les chausser.
La souplesse de la semelle lui confère une grande longévité, il vieillira donc mieux qu’un autre modèle, avec en plus un prix assez sage.
Les débutants peuvent aussi y trouver leur compte en terme de sensations et de renouvellement… Reste le plus important : un gros cap psychologique à franchir.
La Solution (La Sportiva)
D’apparence proche du Testarossa, il est en fait fort différent, ce qui peut d’ailleurs décevoir certains férus du Testa. Il est plutôt destiné au bloc et son atout principal est la gomme du talon qui le rend très performant en compression ; par contre, la pièce composant le talon étant la même pour 3 pointures, la taille que vous allez choisir influera directement sur la précision en pointe (plus le talon pousse, plus la pointe est précise). Le renfort de pointe efficace en crochetage et le serrage par Velcro unique est assez agréable. Apprécié sur les pans pour sa pointe très griffée, il est cependant assez limité lors des poussées pied à plat. Il aura du mal à trouver sa place entre le Testarossa et le Speedster. Difficile à chausser quand il est neuf (nous utilisions de la vaseline afin de le chausser plus facilement) il est souvent douloureux à retirer à cause d’un pli se créant entre les tirants. C’est un chaussant moyen et comme le Speedster, il se détend d’une ½ pointure.

Miura VS (La Sportiva)
Le chausson tant attendu en 2008. Le Miura lacet avait déjà une sacrée réputation quant à sa précision. Eh bien, nous n’avons pas été déçus par le Miura VS.
Le serrage grâce aux 3 Velcro est efficace, même s’ils avaient gagné à être un peu plus longs. Une légère griffe lui redonne un look un peu plus actuel, ceci combiné avec le système P3 permet de conserver un peu plus longtemps sa forme initiale et le rend encore plus efficace en léger dévers. Assez raide en pointe, il se destine franchement à une grimpe sur réglettes et trous en murs raides. Après quelques longueurs, il s’assouplit quelque peu et devient nettement plus sensitif. Il chaussera presque comme un Testarossa et se choisira à une ½ pointure au-dessus de la taille la plus petite que vous arriverez à enfiler. Quant à la détente, elle sera d’environ
une ½ pointure. Il fait partie de la gamme (Styx-Booster-Mago) Scarpa, le Dragon et l’Anasazi Blanco de 5.10 des 4 ou 5 chaussons les plus précis du marché.
Dragon (Five Ten)
Une redécouverte lors de ce test. Restés sur les anciennes versions, nous avions un léger a priori, gommé dès que le premier scellement fut atteint. Le confort est finalement présent, bien que le talon soit très agressif. Le remplir est utopique comme sur tous les chaussons 5.10, mais cela ne semble pas préjudiciable à la pointe.
En effet, celle-ci légèrement griffante est très précise. Pas forcément asymétrique, elle se conformera aisément à beaucoup de formes de pieds. Un peu raide quand il est neuf, il va s’assouplir au fil du temps pour être rapidement polyvalent et finalement utilisable dans tous types de voies. Le laçage ne descend pas très bas, ce qui laisse un peu de place aux orteils déjà malmenés par la pointure.
Les 5.10 restent sur une fabrication entièrement synthétique, très désagréable pour les narines de vos compagnes et compagnons de cordées, mais le gros intérêt est que vous n’aurez jamais de surprise quant à la détente qui est quasi nulle. Il taille comme vos chaussures de villes, vous serez peut-être même amenés à choisir au-dessus si votre pied est large.

Anasazi Blanco
Cette fois-ci, c’est de l’Anasazi Verde qu’est tiré le Blanco. Plus fin et plus rigide, il est souvent une alternative pour les personnes ne trouvant pas chausson à leur pied avec le Verde, soit parce qu’il est trop large ou bien parce qu’elles se trouvent entre 2 pointures. Le Verde ressemble à d’anciennes séries de l’Anasazi Lace Up. Les pointures sont décalées par rapport au Verde, ce qui permet aux habitués des Anasazi de rester dans les mêmes moules. Ils ne se détendent pas et sont assez rigides. Ils conviendront parfaitement aux grimpeurs de dalles à grattons, aux fort gabarits ayant les pieds fins. Thomas et Manu (Strasbourg) : « Nous avons tous deux été agréablement surpris par les qualités du chausson. C’est surtout sa précision en pointe sur petites prises qui nous a séduits. Grâce au transfert de pousse très efficace du talon vers la pointe, ce chausson permet de développer une force redoutable sur des prises, même minuscules. Enfin, sa tige synthétique évite une forte détente et permet de garder longtemps une grande précision. »

Booster et Mago (Scarpa)
Un poil plus rigide que le Styx, le Booster en est très proche. Les Velcro sont efficaces, mais malgré leur présence, les pieds fins devront plutôt s’orienter vers les Rockettes (modèle féminin) afin de le remplir. Par sa conception un peu moins « élastique » il semble plus difficile à détendre. 
Le Mago, à lacet, est plus confortable que le Styx et le Booster. Il est aussi nettement plus rigide en pointe, ce qui en fait un chausson précis à l’extrême. Moins exigeant qu’une ballerine, il n’est pas nécessaire d’avoir les pieds super musclés pour les exploiter. Il fera aussi merveille sur les grattons et dans les trous et ainsi que les 2 autres modèles, ne sera pas au mieux lors de pas en adhérence.
À privilégier pour la couenne et le bloc, il est aussi envisageable en grandes voies techniques si vous choisissez une pointure assez confortable. Ils ne se détendront que très peu, il n’est donc pas nécessaire de trop descendre dans les pointures.
Le griffé très marqué de ces deux modèles permet d’être collé au rocher sur des prises éloignées qu’il était difficilement pensable de valoriser avec un chausson classique. Vu leur conception, ils conviennent parfaitement aux pieds larges avec une voûte plantaire bien prononcée.

Instinct Lacet (Scarpa)
De forme identique à la ballerine,
ce chausson est fabriqué en cuir, tandis que la ballerine en Lorica. Il est donc à l’instar de la ballerine, confortable. La pointe est la même que la ballerine, mais le chausson est plus homogène, le talon est très très confortable et la tenue, grâce au lacet, n’est pas mise en défaut. Tout comme la ballerine la forme est technique, mais le chausson a été assagi grâce à ce talon. Il convient de prendre au moins une pointure sous sa taille, voire nettement plus si vous le pouvez, car il devrait se détendre. Il sera aussi bien utilisable sur des réglettes, dans des trous et, après s’être un peu détendu malgré son galbe, il sera utilisable en friction.
Vapor Velcro (Scarpa) 
Le Vapor est La nouveauté chez Scarpa ;
il se place directement face au célèbre Katana de La Sportiva. Son programme : polyvalence. Cela va des voies du top niveau aux grandes voies et même à la montagne : quand je vous disais « polyvalent » ! De forme légèrement plus asymétrique et plus griffée que son concurrent, il reste tout de même assez classique. On a véritablement la sensation qu’il épouse le pied comme un gant. Sa forme excentrée sur le pouce en fait un chausson parfait pour grattonner. Le talon bien que puissant n’est pas douloureux et surtout valorise parfaitement cette pointe en ne laissant pas un millimètre d’espace aux orteils. Évidemment, comparé aux Styx et Mago ultraperformants immédiatement, c’est en vieillissant qu’il va se bonifier.
En effet, plus l’insert va s’assouplir, plus vous ressentirez le caillou, tout en gardant une rigidité suffisante pour charger la moindre cupule.
Il taille plus grand que les Instinct et va se détendre, donc n’hésitez pas à prendre assez petit. Décliné en modèle femme, il sera un peu plus étroit.

Dulac Pro Model (Millet) par Seb, Albertville
Avec le Dulac, nous ne sommes plus du tout dans le registre de l’hybride. Exit le confort immédiat : difficile à supporter quand il est neuf ; il faut un peu insister, le faire à son pied. On retrouve la précision d’un Anasazi Velcro, le griffant en plus. C’est un chausson qui donne confiance, très efficace et rassurant sur les réglettes. Le talon peu enveloppant est efficace, l’enrobage rouge passant sur le pouce est redoutable ; quelque fois douloureux, il verrouille complètement les orteils. Il ne se détend pas ; à choisir donc dans sa pointure, voire plus.
Predator (Evolv)
C’est le plus ancien modèle que nous ayons chez Evolv. D’une esthétique proche d’un Dragon 5.10, son talon est nettement plus confortable. Par contre, il faut bien avouer que sa pointe est bien plus souple. Vous avez un chausson sensitif et précis quand il est neuf, parfait pour un grimpeur cherchant un chausson performant immédiatement. Par certains côtés, il rappelle fortement la ballerine Cobra de La Sportiva. Assez souple, il sera performant dans des voies très raides où il faut griffer et conviendra très bien aux petits gabarits. Il chausse assez petit et se détend très peu.
Optimus Prime (Evolv)
Développé par Chris Sharma, il est nettement moins asymétrique. Sa forme large en fera un modèle confortable destiné plutôt aux pieds larges. Pas forcément facile à exploiter dans les trous, il est efficace sur les réglettes. Sa forme assez peu griffée permet de l’exploiter lors de poussées pieds à plat. C’est donc un chausson polyvalent facilement utilisable en grandes voies. Entièrement conçu en synthétique il ne se détendra pas, de plus il chausse très petit.

Impact Zone Velcro (Red Chili)
Dans les chaussons intermédiaires, c’est le chaussant le plus neutre. L’asymétrie peu marquée conviendra parfaitement aux grimpeurs souhaitant progresser sans nécessairement se diriger vers une pointe trop technique. Cette symétrie relative est compensée par une rigidité en pointe assez marquée. Peut-être moins à l’aise dans les trous que l’Hybrid, il sera en revanche un peu moins exigeant sur des réglettes. Les trois Velcro sont très efficaces et le talon confortable. Il devrait convenir à un grimpeur cherchant un chausson polyvalent aussi bien pour les grandes voies que la moulinette. Non doublé, il devrait se détendre.
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Testarossa (La Sportiva)
On ne le présente plus. C’est le chausson emblématique de la marque italienne.
Un talon très enveloppant, une pointe griffée et surtout cet effet ventouse sous la voûte plantaire que tout possesseur de Testarossa recherche en vain sur d’autres modèles.
Le talon pousse fort, mais il faut reconnaître que dans cette catégorie très technique, il est confortable. La pointe plongeante est souple, ce qui en fait un chausson très sensitif.
Pour la plupart des grimpeurs, il est très précis en dévers et en dalle ; pour quelques rares personnes surtout les gros gabarits, il sera un peu mou. De même que pour le Speedster, le choix de la taille est délicat et décisif. Le laçage asymétrique est efficace. Il descend très bas et permet un ajustement optimum.
Il se détend généralement de manière assez importante, proche d’une pointure. Il faut donc être bien comprimé en magasin. Le chaussant convient aux pieds larges avec une voûte plantaire assez marquée.
Voici le commentaire de Manu (Sallanches) et Thomas (Strasbourg) qui grimpent avec :
« Nous apprécions surtout sa très grande précision en pointe grâce au parfait dosage de la rigidité. Elle est suffisante pour avoir une bonne poussée sur petites prises, mais tout en gardant suffisamment de souplesse pour conserver de bonnes sensations et une bonne adhérence. Le talon souple permet de bonnes sensations sur les crochetages délicats.

Ballerine Cobra (La Sportiva)
La ballerine de référence. Le rapport précision confort est optimum. Elle est fortement asymétrique et possède un intercalaire plutôt souple, ce qui fait qu’en le choisissant très serré, vous obtiendrez une ballerine précise et sensitive. On pourra charger sans trop d’efforts les réglettes et trous tout en conservant un talon supportable. Ce compromis précision en pointe et possibilité d’exploiter le chausson en adhérence après quelques utilisations justifie qu’il soit encore « Le » chausson des leaders de la coupe du monde de difficulté. Sa forme non griffée permet de poser le pied en adhérence lors de la phase de poussée sur une structure déversante.
Les grimpeurs recherchant la précision l’exploiteront pleinement lors des premières utilisations ; en vieillissant, il sera parfait pour les grandes voies ainsi que les longueurs nécessitant plutôt de la sensation.
Non doublé, ce chausson se détend beaucoup. À choisir très ajusté pour être précis.
C’est un chausson économique qui conviendra aussi bien aux débutants qu’aux forts grimpeurs, ainsi que pour l’entraînement sur structure artificielle. Du fait de sa souplesse, il convient plutôt aux grimpeurs relativement légers.
Manuel Mathi (Strasbourg) : « J’ai actuellement les Cobra. C’est un modèle d’un très bon rapport qualité/prix, son cuir s’adapte parfaitement au pied et procure un très grand confort après quelques utilisations.

Katana (La Sportiva)
Le Polyvalent. 
Aussi à l’aise en école qu’en grande voie, c’est en fonction de la taille que vous choisirez que vous l’orienterez pour la difficulté ou bien pour enchaîner les longueurs. Une ½ pointure suffit afin de changer son orientation. De forme sagement asymétrique, c’est le chausson le plus vendu actuellement, c’est un signe… Malgré sa forme assez classique, le talon poussant fort lui donnera une bonne précision en pointe et si vous loupez la perf de la journée, ce n’est certainement pas aux chaussons qu’il faudra en imputer la faute. Il est aussi performant en grattonnage qu’en friction et ces 2 Velcro permettent d’ajuster assez précisément l’avant et le coup de pied. Il convient bien aux pieds larges avec son généreux volume à l’avant-pied et pour les pieds étroits, le chaussant peut être encore amélioré en choisissant le modèle femme plus étroit et un peu plus souple.
Il se détend aussi au moins d’une ½ pointure et le choix de la taille sera assez proche du Miura Vs

Galileo 5.10
Il ressemble fortement à l’Anasazi Velcro mais est plutôt conçu pour les grandes voies techniques ou les gros gabarits.
Le compromis technicité confort a été obtenu en élargissant l’avant de pied et en rigidifiant la semelle. Cela donne un chausson nettement plus supportable et moins exigeant. Évidemment, le côté sensitif est relégué au second plan, mais il est très efficace quand il faut charger les réglettes en dalle. Le talon bien qu’assagi par rapport au Anasazi, pousse tout de même assez fort ; quant à la détente, il ne faut pas trop y compter.
Styx (Scarpa) 
La Sportiva a frappé un grand coup l’année dernière avec le Miura Velcro et cette année avec le Speedster, Scarpa n’est pas en reste. L’année dernière, Mago, Booster et Styx ont bousculé le monde des chaussons hypertechniques. De formes radicales, ils sont difficiles d’accès et pourtant, il suffit d’un léger rodage pour en faire des chaussons supportables.
Quand on parle de chaussons techniques, précis et efficaces, le Styx est au cœur du sujet.
Le premier contact très difficile ne doit pas vous rebuter. C’est une « formule 1 » et une adaptation est obligatoire. La pointe est ultragriffante, relativement rigide pour une ballerine et très très précise.
Donc, une fois ce premier contact passé, le Styx va s’assouplir dans sa globalité. Les bandes de gomme vont jouer un peu, le Lorica se détendre et s’assouplir aussi, tout cela assez rapidement, jusqu’à donner, non pas une ballerine confortable, mais en tout cas suffisamment supportable pour qui recherche le chausson super précis.
Le talon est profond, un peu trop, ne vous inquiétez pas si vous ne le remplissez pas complètement, c’est normal et finalement pas vraiment gênant. Il est super puissant, ce qui donne à la longue une ballerine un peu douloureuse. De toute façon, il est à conserver pour les croix ; pour la chauffe, mieux vaut les oublier. Son griffé prononcé peut être gênant quand vous avez à pousser pied à plat dans du dévers, mais sur les réglettes, les bosselettes, dans les trous, c’est une arme, voire même, c’est l’ARME. Il sera aussi performant en couenne qu’en bloc, en mur à grattons qu’en dévers.
Il chaussera principalement les fortes voûtes plantaires et donc les forts coups de pied ; les pieds fins devant, pour le remplir, descendre dans les pointures, aïe aïe aïe ! Nous retrouvons des bandes de tensions en « X » sous la voûte plantaire qui donnent au chausson cette forme griffée et qui lui permettent de garder cette forme dans le temps.
Il va se détendre un peu, mais mieux vaut le choisir dès le départ supportable. Vous pouvez descendre jusqu’à 2 pointures et serrer un tout petit peu les dents pour obtenir peut-être le chausson le plus technique du test

Instinct Ballerine (Scarpa)
Cette ballerine est assez particulière.
Moins atypique que la Speedster elle sort tout de même des classiques. En effet la forme de la pointe tout d’abord, proche de la pointe de la Speedster, est fort confortable et conviendra à la plupart des pieds (grecs, égyptiens…).
Le chaussant est plutôt large et le talon très confortable, voire un peu trop à mon goût. La pointe est plus rigide que toutes les ballerines déjà sur le marché. Cette rigidité est plutôt de mise habituellement sur les Velcro ou lacets. On sent que celle-ci est précise, mais j’ai la sensation que le talon n’est pas aussi technique. Après avoir « reproché » la violence des talons sur les Styx et Mago, je trouve celui de l’Instinct un peu trop sage. En vieillissant, l’intercalaire va s’assouplir et le chausson sera plus homogène. Il convient de descendre le plus bas possible dans le choix des pointures afin de lui donner une rigidité globale. Il est très polyvalent et se comporte parfaitement sur tous types de supports.
Il chausse plutôt grand, assez proche du taillant La Sportiva.

Hybrid (Millet)
par Arnaud, Sallanches
Chausson apparu il y a deux saisons, l’Hybrid s’est, à l’instar de son principal rival, l’Impact Zone chez Red Chili, très vite imposé comme un modèle incontournable dans la catégorie « niveau intermédiaire/grandes voies ». Il est vrai qu’au premier regard, ces deux modèles se ressemblent assez : fermeture par trois Velcro qui apportent un maintien proche d’un serrage lacet, une légère asymétrie qui permettra d’être plus précis qu’un chausson débutant, ainsi qu’une semelle relativement rigide en torsion et un talon peu puissant qui offriront une assez bonne tenue sur les petites prises sans pour autant s’éclater les orteils. En poussant un peu plus loin l’examen, on remarque que le talon a été généreusement rembourré afin de parfaire le confort et du côté de la pointe, on s’aperçoit qu’elle est tout de même assez accentuée au point de rappeler celle d’un Anasazi, ce qui en fait sans doute le modèle le plus technique dans sa gamme technique. Au final un très bon compromis confort/technicité/prix qui conviendra parfaitement à un grimpeur désireux d’acquérir sa deuxième paire de chaussons ou encore à celui qui voudra plutôt grimper en grandes voies sans devoir l’enlever à chaque relais. Attention ! les pieds forts seront sans doute un peu à l’étroit et se dirigeront vers l’Impact Zone ou le Veloce Scarpa ; quant aux pieds fins, n’ayez pas peur de les choisir bien serrés, car il gagneront rapidement pas loin d’une pointure.
Mitaké (Millet) par Manu, Sallanches
Encore une bonne surprise dans les chaussons Millet ; conçu sur une forme proche de l’Hybrid, il est au même titre que l’Instinct Lacet Scarpa un modèle assez sage parmi les chaussons griffants…
Il est confortable avec un avant-pied assez généreux convenant aux pieds assez larges. L’accueil d’entrée est agréable et le talon pousse de manière raisonnable. Il va s’assouplir en grimpant de manière à délivrer plus de sensations par la suite.
Le prix assez modéré en fait un chausson technique abordable en prix sans mettre de côté la technicité et le confort.

Jocker Velcro (Boréal) par Arnaud, Sallanches
Quand on essaie le Joker la première fois, on est surpris de découvrir un confort « nouveau » sur l’ensemble du pied. On l’enlève donc aussi sec pour voir d’où vient cette curieuse sensation qu’est le confort et on découvre que la mousse micro-aérée, généralement réservée aux languettes, a été utilisée comme doublure principale pour tout le chausson, exception faite de la semelle.
Du velours ! Un must de confort que vous apprécierez
particulièrement au niveau des orteils et que vous aurez du mal à retrouver sur un autre modèle. En revanche, et on s’en doute rapidement, ce n’est pas le chausson qui vous permettra de réaliser vos croix. En effet, la mousse intérieure n’est pas la seule raison de son confort : on retrouve une pointe déjà légèrement asymétrique, mais assez peu marquée et surtout le fameux talon cher à Boréal, à savoir très large et peu puissant, qui n’apporte du coup que peu de force en pointe. Ajoutez à cela un cuir assez souple et une gomme très tendre et vous obtenez un chausson qui manquera de tonus et de précision pour un fort grimpeur, mais qui conviendra parfaitement à un grimpeur intermédiaire en dalle ou en grandes voies, souhaitant progresser sans sacrifier ses orteils.
Wolverine (EB) par Arnaud, Sallanches
Voici la nouvelle version du Wolverine.
Son chaussant convient à beaucoup de pieds, même aux larges. Le confort général est bon, car la fibre microporeuse est très agréable. Son talon pousse toujours aussi fort, tant et si bien que cela cambre légèrement le chausson et le plaque à la voûte plantaire. Cette nouvelle version perd de la rigidité au niveau des métatarses car il n’a plus le capot en gomme sur les orteils. Il gagne ainsi en confort.
La gomme Ilga gagne en adhérence avec un peu d’utilisation. Il chausse assez grand, mais attention ! la détente est très faible.
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